Bande-annonce du film.
Pour clore notre cycle consacré aux femmes, direction la Géorgie encore marquée par l'époque soviétique au début des années 2000. Des femmes, il y en a trois : la mère, la sœur et la nièce d'Otar, l'homme qu'on ne verra jamais. Parti vivre une vie meilleure à Paris, il y meurt. Comment (ne pas) l'annoncer à sa mère ? Commence alors un jeu de mensonge plein d'amour, où l'absence criante de l'homme souligne les subtiles relations entre mères et filles.
Le chœur féminin Madrikali ouvrira la séance avec de magnifiques polyphonies géorgiennes. A l'issue de la projection aura lieu une discussion avec la réalisatrice, Julie Bertuccelli.
Durée : 102 minutes.
Couleur.
Pays : France, Georgie.
Année : 2003.
Avec : Esther Gorintin, Dinara Droukarova, Nino Khomasuridze.
Rapide synopsis :
A travers l'histoire d'un mensonge d'amour, le portrait délicat de trois femmes de générations différentes dans la Géorgie d'aujourd'hui.
Si vous souhaitez être tenu-e-s au courant de nos prochaines séances, rejoignez notre liste de diffusion [cine-info] ou ajoutez-nous en amis sur Facebook.
Et pour résumer :
en salle Dussane, au 45 rue d'Ulm
pour voir et revoir
Depuis qu'Otar est parti
de Julie Bertuccelli
Proposition d'analyse
Depuis qu'Otar est parti clôt le premier cycle annuel du cinéclub, consacré aux femmes dans le cinéma. Chacun des trois films que nous vous avons proposés soulève, selon nous, des questionnements au sujet de la condition féminine et de la représentation des femmes et de la féminité dans et par le cinéma. Ce dernier film, réalisé par une femme et mettant en scène des femmes dans un contexte réel et réaliste, interroge plus particulièrement les relations mère(s)/fille(s), sans bien sûr se limiter à cela.
Otar est parti : dans l'espoir de vivre une vie meilleure et par amour pour la France, il s'est installé à Paris où il vivote de petits boulots dans le bâtiment, bien loin de ses études de médecine. Otar est parti, mais sa mère Eka, sa sœur Marina et sa nièce Ada sont restées : on ne verra que ces trois femmes, ces trois générations qui tentent elles aussi de vivre dans la Géorgie du début des années 2000. Un jour, Otar meurt accidentellement. Marina et Ada décident de cacher cette mort à Eka en écrivant de fausses lettres signées du nom du fils bien-aimé. Prises dans un jeu de mensonge et d'amour, les trois femmes tentent, chacune à sa manière, de remettre en mouvement une vie figée par le départ de l'homme.
L'évidente absence
Tout tourne – ou plutôt tout semble tourner – autour d'Otar « parti », toujours hors-champ, dont l'absence se fait criante. Les journées sont rythmées par l'attente d'une lettre ou d'un coup de téléphone, liens ténus qui soulignent d'autant plus l'absence d'Otar, comblée par l'imagination de celles qui sont restées : on ne percevra de lui que les parties silencieuses d'une conversation téléphonique vue d'un seul côté ou les mots des ses lettres lues par une autre voix et qui sans aucun doute enjolivent et modifient la réalité. Quelques photos également, sur lesquelles la caméra s'attarde, comme des objets souvenirs fantomatiques marquant l'absence.