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Depuis qu Otar est parti de Julie Bertuccelli (mardi 12 novembre 2013, 20h30)


Bande-annonce du film.

Pour clore notre cycle consacré aux femmes, direction la Géorgie encore marquée par l'époque soviétique au début des années 2000. Des femmes, il y en a trois : la mère, la sœur et la nièce d'Otar, l'homme qu'on ne verra jamais. Parti vivre une vie meilleure à Paris, il y meurt. Comment (ne pas) l'annoncer à sa mère ? Commence alors un jeu de mensonge plein d'amour, où l'absence criante de l'homme souligne les subtiles relations entre mères et filles.
Le chœur féminin Madrikali ouvrira la séance avec de magnifiques polyphonies géorgiennes. A l'issue de la projection aura lieu une discussion avec la réalisatrice, Julie Bertuccelli.


Durée : 102 minutes.
Couleur.
Pays : France, Georgie.
Année : 2003.
Avec : Esther Gorintin, Dinara Droukarova, Nino Khomasuridze.

Rapide synopsis :

A travers l'histoire d'un mensonge d'amour, le portrait délicat de trois femmes de générations différentes dans la Géorgie d'aujourd'hui.

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Et pour résumer :

Rendez-vous le mardi 12 novembre 2013, 20h30
en salle Dussane, au 45 rue d'Ulm

pour voir et revoir
Depuis qu'Otar est parti
de Julie Bertuccelli

Proposition d'analyse

Depuis qu'Otar est parti clôt le premier cycle annuel du ciné­club, consacré aux femmes dans le cinéma. Chacun des trois films que nous vous avons proposés soulève, selon nous, des questionnements au sujet de la condition féminine et de la représentation des femmes et de la féminité dans et par le cinéma. Ce dernier film, réalisé par une femme et mettant en scène des femmes dans un contexte réel et réaliste, interroge plus particulièrement les relations mère(s)­/fille(s), sans bien sûr se limiter à cela.

Otar est parti : dans l'espoir de vivre une vie meilleure et par amour pour la France, il s'est installé à Paris où il vivote de petits boulots dans le bâtiment, bien loin de ses études de médecine. Otar est parti, mais sa mère Eka, sa sœur Marina et sa nièce Ada sont restées : on ne verra que ces trois femmes, ces trois générations qui tentent elles aussi de vivre dans la Géorgie du début des années 2000. Un jour, Otar meurt accidentellement. Marina et Ada décident de cacher cette mort à Eka en écrivant de fausses lettres signées du nom du fils bien-­aimé. Prises dans un jeu de mensonge et d'amour, les trois femmes tentent, chacune à sa manière, de remettre en mouvement une vie figée par le départ de l'homme.

L'évidente absence

Tout tourne – ou plutôt tout semble tourner – autour d'Otar « parti », toujours hors­-champ, dont l'absence se fait criante. Les journées sont rythmées par l'attente d'une lettre ou d'un coup de téléphone, liens ténus qui soulignent d'autant plus l'absence d'Otar, comblée par l'imagination de celles qui sont restées : on ne percevra de lui que les parties silencieuses d'une conversation téléphonique vue d'un seul côté ou les mots des ses lettres lues par une autre voix et qui sans aucun doute enjolivent et modifient la réalité. Quelques photos également, sur lesquelles la caméra s'attarde, comme des objets ­souvenirs fantomatiques marquant l'absence.

The Women de George Cukor (mardi 05 novembre 2013, 20h30)


Bande-annonce du film.

En plein cycle sur la représentations des femmes au cinéma, il nous semblait intéressant de montrer à quoi pouvait ressembler un film au casting entièrement féminim tourné en 1939 et de nous interroger sur l'évolution des représentations des femmes depuis. C'est également, malgré tout, l'occasion de découvrir un grand cinéaste de la période classique hollywoodienne.


Durée : 132 minutes.
Noir et Blanc.
Pays : Etats-Unis.
Année : 1939.
Avec : Norma Shearer, Joan Crawford, Mary Boland .

Rapide synopsis : Mary est mariée à Stephen Haines, un homme d'affaires new-yorkais. Fidèle à son époux et mère d'une fillette, elle est entourée d'"amies", dont Sylvia Fowler, la comtesse DeLave, et Miriam Aarons, qui savent quelque chose qu'elle ignore : son mari la trompe avec Crystal Allen, une vendeuse arriviste.

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Et pour résumer :

Rendez-vous le mardi 05 novembre 2013, 20h30
en salle Dussane, au 45 rue d'Ulm

pour voir et revoir
The Women
de George Cukor

Proposition d'analyse

A star is born

George Cukor (1899-1983) naît à New York. Il fait ses débuts à Broadway dans les années 1920 avant d’exercer divers métiers à Hollywood, pour finir réalisateur avec 56 films à son actif. Il se spécialise dans les films de comédie, dont 4 musicaux (A star is born, Le milliardaire, Les Girls et My Fair Lady, qui lui vaut l’Oscar du Meilleur Réalisateur en 1964. C’est lui qui fait débuter Katharine Hepburn en 1932 dans Héritage ; elle le suivra pour 9 autres de ses films. C’est un grand spécialiste de la comédie du remariage comme son chef-d’œuvre, Indiscrétions (1940), analysé en profondeur par Stanley Cavell dans son livre : À la recherche du bonheur - Hollywood et la comédie du remariage.

It’s raining men !

The Women prend sa source dans la pièce de théâtre de Clara Boothe Luce du même nom, qui se caractérisait par son absence totale d’hommes sur scène. Le film reprend ce principe avec un casting intégralement féminin, comptant non moins de 130 silhouettes (c’est-à-dire des figurantes ayant au moins une phrase de dialogue). Cette contrainte a été scrupuleusement appliquée jusque dans les moindres détails : on ne voit jamais un seul homme, ne serait-ce qu’en portrait, à l’exception d’une publicité au dos d’un magazine que Peggy lit chez Mary. L’absence masculine s’arrête là : The Women est vraisemblablement le film qui échoue le plus au test de Bechdel évoqué la semaine dernière. Le test, créé en 1985 et destiné à évaluer le sexisme au cinéma, consiste à se demander si, dans un film donné, deux femmes parlent entre elles d’autre chose que d’un homme. Sans même parler du film dans son intégralité, peu de scènes du film passeraient même le test, tant il y est question d’hommes ! Comme l’indique le sous-titre de l’affiche : « It’s all about men ! » … Le film est par conséquent une évocation des hommes via un discours féminin, lui-même à replacer dans le contexte d’un discours masculin, celui de Cukor.

Les Femmes du bus 678 de Mohamed Diab (mardi 29 octobre 2013, 20h30)


Bande-annonce du film.

Le cinéma contemporain egyptien ouvre le cycle Femmes, consacré à la représentation des femmes dans le septième art. La projection sera suivie d'une rencontre avec le collectif féministe G.A.R.Ç.E.S..


Durée : 100 minutes.
Couleur.
Pays : Egypte.
Année : 2012.
Avec : Nahed El Sebaï, Bushra Rozza, Nelly Karim.

Rapide synopsis : Fayza, Seba et Nelly, trois femmes d'aujourd'hui, aux vies totalement différentes, s'unissent pour combattre le machisme impuni qui sévit au Caire dans les rues, dans les bus et dans leurs maisons. Déterminées, elles vont dorénavant humilier ceux qui les humiliaient. Devant l'ampleur du mouvement, l'atypique inspecteur Essam mène l'enquête. Qui sont ces mystérieuses femmes qui ébranlent une société basée sur la suprématie de l'homme ?

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Et pour résumer :

Rendez-vous le mardi 29 octobre 2013, 20h30
en salle Dussane, au 45 rue d'Ulm

pour voir et revoir
Les Femmes du bus 678
de Mohamed Diab

Proposition d'analyse

"N'entendez-vous pas alentour ces cris effroyables que, communément, l'on appelle le silence ?"


Werner HERZOG, L’Enigme de Kaspar Hauser


À l’arrêt de bus

Cinéphiles, cinéphiles, féministes, féministes ! Voici venu le temps de présenter notre premier cycle de cette année. Pour les petits nouveaux, un cycle, d’une durée de trois semaines, est composé de trois films qui répondent à une thématique commune. Le ciné-club a décidé d’ouvrir celui-ci en grandes pompes, avec pour mot d’ordre : les femmes. Nous avons donc voulu mettre l’accent sur la représentation des femmes au cinéma, en espérant que les pistes ouvertes pendant ces trois semaines resteront à l’esprit de nos zélés spectateurs lors de leurs prochains visionnages, quels qu’ils soient. En effet, ne croyez pas que les films d’horreur ne tiennent pas de discours sur la place des femmes dans la société, ou que la science-fiction n’a rien à voir avec la question ; on aura l’occasion d’en reparler un peu plus bas. De Ripley à Juno, de Scarlett O’Hara à Amélie Poulain, de Mary Poppins à Adèle en passant par Trinity, pensez à tous les débats passionnés que suscitent nos héroïnes préférées, et à travers elles, toutes les idées qui ont traversé l’écran pour arriver jusqu’à nous et modeler la société contemporaine. Vaste programme, nous direz-vous. Si vaste que nous n’aurons pas la prétention d’être exhaustifs ni spécialistes en la matière. Nous voulons avant tout ouvrir la réflexion à des problématiques gender et vous proposer un petit exercice : que deviennent les films si on les regarde en réfléchissant au discours qu’ils tiennent sur les femmes ?

On pourrait analyser tous les films de la terre d’un point de vue gender. Comme cela dépassait légèrement nos moyens, nous en avons sélectionné trois qui nous semblent dignes d’attirer l’attention des cinéphiles comme celle des féministes. Les femmes du bus 678 (Mohamed Diab) ouvre ce soir la danse. Il sera suivi la semaine prochaine de The women (George Cukor), un grand classique de 1939, qui montrera un éclairage totalement différent, puisqu’ancré dans la culture hollywoodienne des années trente. Depuis qu’Otar est parti (Julie Bertuccelli) fermera le cycle dans un dernier glissement spatiotemporel vers la Géorgie contemporaine.

Petit mot à l’intention de celles ou ceux qui attendraient une programmation féministe : nous avons choisi de ne pas mettre de côté les représentations sexistes, les contrepoints machistes, dans le but de pouvoir les identifier, exercer notre sens critique face à des œuvres dans lesquelles on se plonge parfois trop volontiers. Il était essentiel pour nous, en tant que ciné-club, de montrer diverses époques et divers styles de cinéma, ce qui se traduit par des représentations parfois contradictoires des femmes. Le cinéma, même militant, ne mènera jamais la réflexion pour nous ; c’est au spectateur de s’interroger sur ce qu’il voit. Le sociologue Stuart Hall affirme que tout message comporte un codage (par le locuteur) et un décodage (par le récepteur) : la multiplicité des étapes rend le message nécessairement ambivalent et le spectateur actif. C’est dans cet état d’esprit que nous partageons ces films avec vous, en faisant confiance à votre sagacité dans leur décodage…