Bande-annonce du film.
Êtes-vous heureux ?
Si cette question trouvera pour vous sa réponse après la séance du Ciné-Club, c'est bien parce que vous aurez entendu Jean Rouch et Edgar Morin la poser dans Chronique d'un été.
Au fil de l'été 1960, le cinéaste-anthropologue et le sociologue arpentent Paris et, au gré des rencontres, cherchent à capter l'essence de l' "air du temps". Film incontournable du cinéma-vérité, d'une influence notable sur les jeunes Turcs de la Nouvelle Vague, il est encore éclatant d'actualité… Et résonne finalement une question et une seule : qu'est-ce qu'être humain ?
Céline Gailleurd et Olivier Bohler, réalisateurs du documentaire Edgar Morin, l'image absorbe le monde (en tournage, Nocturne Productions) seront présents pour une discussion à partir de projection d'extraits à l'issue de la séance.
Durée : 90 minutes.
Noir & Blanc.
Pays : France.
Année : 1961.
Avec : Régis Debray, Marceline Loridan-Ivens, Marilu Parolini.
Rapide synopsis : Paris, été 1960, Edgar Morin et Jean Rouch interviewent des parisiens sur la façon dont ils se débrouillent avec la vie. Première question : êtes-vous heureux ? Les thèmes abordés sont variés : l'amour, le travail, les loisirs, la culture, le racisme etc. Le film est également un questionnement sur le cinéma documentaire : cinéma-vérité et cinéma-mensonge. Quel personnage jouons-nous devant une caméra et dans la vie ?
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Et pour résumer :
en salle Dussane, au 45 rue d'Ulm
pour voir et revoir
Chronique d un été
de Jean Rouch, Edgar Morin
Proposition d'analyse
L'été, d'où vient -il ?
Paris, 1960. Premier été d’une décennie nouvelle. Deux jeunes hommes, -« jeunes » si l’on considère que l’âge se lit dans l’éclat du regard-, partagent leur saison entre un vaste appartement peuplé de bouteilles vides et les rues grouillantes de passants pressés. Ils s’appellent Edgar Morin et Jean Rouch. Alors même qu’ils fréquentent tous deux le CNRS, ils se sont rencontrés au Jury du Festival de Film Ethnographique et Sociologique de Florence un an plus tôt. En 1960, le sociologue Edgar Morin a trente-neuf ans et déjà plusieurs ouvrages à son actif, parmi lesquels Le Cinéma ou l’Homme imaginaire (1956, Éd. de Minuit) et Les Stars (1957, Éd. Le Seuil). Jean Rouch, quarante-trois ans au compteur, a déjà réalisé une quinzaine de courts-métrages en Afrique, dont le plus marquant est sans doute Les Maîtres Fous (1955). La pratique de la transe fait vaciller l’objectif de la caméra et la dernière occurrence de la voix-off questionne autant le statut d’Européen que la place du spectateur . L’expérimentation d’une forme cinématographique en adéquation totale avec les mouvements des hommes qu’il filme est au cœur de ses deux premiers longs-métrages : Moi, un noir (1957), où de jeunes Nigériens s’expriment spontanément en off sur le montage image de leurs pérégrinations dans Treishville, et La Pyramide humaine (1960), où les élèves d’un lycée d’Abidjan (dont Landry et Nadine, que l’on retrouve dans Chronique d’un été) jouent des rôles proches de leur réalité, pour questionner, dans un élan d’authenticité, l’amitié possible entre Français et Africains.